Il n’existe aucune estimation du nombre actuel de travailleurs exposés au 1,2-dichloropropane (1,2-DPC) dans l’UE. L’inhalation est considérée comme la principale voie d’exposition, bien que les travailleurs puissent également être exposés par contact cutané.
Le 1,2-DPC est classé comme substance cancérogène de catégorie 1B (conformément au règlement CLP), ce qui signifie qu’il est présumé présenter un potentiel cancérogène pour l’homme, sur la base de données issues d’études animales.
Parmi les effets toxiques, on a observé des lésions hépatiques et rénales, une coagulation intravasculaire, une anémie hémolytique et divers symptômes touchant le système nerveux central.
Où se situent les risques ?
Le 1,2-DCP est un sous-produit généré en quantités importantes lors du processus de fabrication de l’oxyde de propylène par le procédé à la chlorohydrine, destiné à la production d’Epichlorhydrine. Le 1,2-DCP était autrefois utilisé comme fumigant pour les sols, comme intermédiaire chimique, ainsi que comme solvant industriel. On le trouvait dans les décapants pour peinture, les vernis et les produits destinés à éliminer les finitions des meubles. Il n’est plus utilisé comme fumigant pour les sols.
Actuellement, il est principalement utilisé comme produit intermédiaire dans la fabrication du perchloroéthylène et d’autres produits chimiques chlorés.
En général, l’exposition sur le lieu de travail semble limitée, car sa manipulation s’effectue dans des conditions strictement contrôlées. Les principales activités pouvant entraîner une exposition sont les opérations manuelles d’entretien ou de nettoyage.
En savoir plus sur la substance
À l’état pur, le 1,2-DPC est un liquide incolore, inflammable et mobile, dégageant une odeur semblable à celle du chloroforme. Il est miscible avec la plupart des solvants organiques, tels que les alcools, les esters et les cétones, ainsi qu’avec les hydrocarbures aromatiques, aliphatiques et chlorés.
Une valeur limite d’exposition professionnelle contraignante à l’échelle de l’Union européenne est actuellement en cours d’élaboration.
Dangers pouvant survenir
Une exposition à court terme au 1,2-DCP chez l’homme peut provoquer une irritation, ainsi que des troubles hépatiques et rénaux suite à une absorption par voie orale ou cutanée. À des concentrations très élevées, des cas de dépression du système nerveux central ont été signalés.
En cas d’exposition à long terme, l’effet le plus préoccupant chez l’homme est la cancérogénicité, et plus particulièrement l’apparition de tumeurs des voies biliaires (cholangiocarcinome).
Ce que vous pouvez faire
Sur le lieu de travail, le moyen le plus efficace de prévenir l’exposition consiste à remplacer le 1,2-DCP. Lorsque le remplacement n’est pas possible et que l’utilisation du 1,2-DCP ne peut être évitée, des mesures visant à réduire l’exposition doivent être prises.
Le moyen le plus efficace d’éviter l’exposition au 1,2-DCP consiste à mettre au point et à utiliser des systèmes fermés. Lorsque cela n’est pas possible, des mesures techniques telles qu’une ventilation par aspiration locale efficace, complétée par une bonne ventilation générale du lieu de travail et des contrôles réguliers de leur efficacité, doivent être mises en œuvre afin de garantir que l’exposition soit réduite au minimum dans la mesure où cela est techniquement possible
L’ensemble de la production de 1,2-DPC s’effectue au sein de systèmes fermés. L’exposition survient lorsque ces systèmes fermés sont ouverts à des fins d’entretien courant, d’inspections ou de nettoyage. Dans ces cas-là, il est nécessaire de recourir à des mesures techniques et à des EPI, y compris des EPR.
Mettez en place des mesures visant à garantir une bonne hygiène générale sur le lieu de travail, notamment par un nettoyage régulier et un stockage dans le respect des règles d’hygiène. Après la mesure initiale de l’exposition effectuée dans le cadre de l’Evaluation des risques, procédez à des évaluations périodiques de l’exposition afin de vérifier si les mesures techniques mises en place sont efficaces ou si des mesures supplémentaires doivent être prises. Limiter strictement le temps que les travailleurs passent dans un environnement de travail exposé (par exemple, par le biais de rotations d’équipes) et restreindre l’accès à ces lieux de travail constituent des mesures importantes pour réduire l’exposition. Les travailleurs doivent être informés des risques potentiels liés aux tâches impliquant le 1,2-DPC et les employeurs doivent les former et les instruire régulièrement sur la manière de travailler en toute sécurité avec le 1,2-DPC.
Une surveillance médicale est nécessaire pour les travailleurs exposés à des substances dangereuses ; par conséquent, il convient de les encourager à signaler les premiers symptômes, tels que des problèmes respiratoires ou des allergies cutanées.
De plus, formez les travailleurs à l’importance d’une bonne hygiène personnelle. Mettez à leur disposition des installations sanitaires et de lavage adéquates et accordez-leur suffisamment de temps pour respecter les mesures d’hygiène.
Veillez à ce que les travailleurs disposent d’un équipement de protection individuelle adapté, tel que des vêtements de protection et des gants, si nécessaire. L’équipement de protection individuelle ne doit être utilisé qu’en dernier recours et à titre temporaire, une fois que toutes les solutions techniques et organisationnelles possibles ont été épuisées.
Références : ECHA, ATSDR 2021